Les Hommes du Paon, partie 2 : Les Trésors du Tigre

, par Grolf

Voir aussi Les Hommes du Paon : Introduction.

Synopsis

Lors d’un contrôle douanier sur un navire vodacci ancré dans le port d’Iskandar, les autorités découvrent une cargaison dissimulée à fond de cale. Là se trouvent plusieurs dizaines d’objets antiques. Certains datent de l’Empire Numain et d’autres des premiers siècles de l’histoire croissantine. Or, une loi impériale interdit explicitement le trafic d’œuvres d’art et d’objets archéologiques. Depuis quand dure cette fuite de trésors croissantins, qui en est l’instigateur et à qui est destinée cette cargaison, telles sont les questions auxquelles les hommes du Paon vont devoir trouver des réponses...

Histoire

Depuis l’époque des croisades, les relations entre l’Empire du Croissant et les pays occidentaux sont toujours restées tendues. Les interdits posés par l’Eglise du Vaticine ont longtemps tenu les théans à l’écart des frontières de l’Empire. Mais pendant tout ce temps-là, certains ont toujours trouvé des manières détournées d’agir.

Ainsi, un chantier archéologique a été ouvert près de Jesalute. Là travaillent Umberto Rezzala et son équipe de chercheurs. Ils fouillent depuis plusieurs mois les ruines d’un village antique datant de l’Empire Numain. Théoriquement, leur simple présence est illégale. Alors le fait de fouiller des ruines, d’en extraire des objets antiques et d’en faire le trafic est quasiment à coup sûr passible de la peine de mort si les auteurs en sont découverts et arrêtés.

Afin d’assouvir sa passion pour l’archéologie et poursuivre ses recherches sur l’Empire Numain en terre croissantine, Umberto Rezzala a œuvré durant des mois pour trouver le meilleur moyen d’agir et de se couvrir au maximum des risques encourus lors d’une telle aventure. Grâce à ses amis au sein de la famille Bernouilli, il a pu bénéficier des contacts et des entrées de celle-ci à Iskandar. Au cours de plusieurs voyages dans la capitale de l’Empire, Umberto a fait la connaissance de plusieurs intermédiaires travaillant pour El Namir (Le Tigre). L’influence de celui-ci s’étendant à plusieurs grandes villes du Croissant, Umberto Rezzala parvint à obtenir ses entrées à Jesalute, et finit par pouvoir y installer sa compagnie d’archéologues, Anteus, et pu y démarrer des fouilles sous la protection des hommes de main du Tigre. La contrepartie exigée par ce puissant personnage était simple : il voulait garder pour lui les objets qui lui plairaient personnellement, et Rezzala devait lui verser les deux tiers de l’argent que lui rapporterait la vente des antiquités découvertes.

Au fil des mois, la filière s’est donc mise en place. La compagnie d’Umberto s’est installée près de Jesalute et a commencé à fouiller plusieurs sites antiques sous la surveillance et la protection des hommes d’El Namir. Tous les objets de valeur découverts sont convoyés par leurs soins jusqu’à Iskandar pour y être soumis directement au contrôle du Tigre. Après que celui-ci ait prélevé son tribu, les antiquités restantes sont récupérées par les émissaires de Rezzala sur place, et embarquées à destination de Gorivari sur l’île Lucani, berceau de la famille.

Scénario

Comme d’habitude, les personnages rencontrent Salam, leur contact au sein des Yeux du Paon, dans un café discret du bazar d’Iskandar. Il leur indique qu’une goélette vodacci a été arraisonnée dans le port il y a deux jours, car des antiquités croissantines ont été découvertes par les douanes dans ses cales. Un trafic d’objets antiques est sans doute à craindre, et donc à démanteler.

Acte I : La filière

La première étape consiste bien entendu à tenter de trouver la source des antiquités retrouvées à bord du bateau, et de savoir qui est à l’origine du trafic.

  • Les personnages sont conviés à participer à l’interrogatoire du capitaine du navire vodacci, Dino Gandolfi. La scène se passe dans une salle de torture de la prison, et un bourreau est là pour remplir son office. Un procureur est présent pour mener l’interrogatoire, assisté par les personnages. Assez rapidement, Gandolfi avoue qu’il travaille avec un nommé Fabio Di Scotto. Il est payé pour camoufler des antiquités dans sa cale au milieu d’une cargaison légale, elle, d’épices et de tissus. Il livre ces objets à son commanditaire de Gorivari, un certain Aldo Locatelli.
  • Agent d’import-export bénéficiant d’une petite notoriété à Iskandar, Fabio Di Scotto est facile à trouver. Du moins sa résidence, car en effet, ses serviteurs sont sans nouvelles de lui depuis deux jours (autrement dit depuis le soir où l’Aguila a été arraisonnée par les douanes). Il semble avoir tout bonnement disparu.
  • Di Scotto possède un petit entrepôt tout au bout du port. Là non plus, ses ouvriers n’ont pas de nouvelles de lui. Toutefois, son contremaitre, Farouk, est au courant de certaines choses… S’il est interrogé de façon un peu poussée, il avouera connaître le petit trafic de son patron et savoir d’où proviennent les caisses qui sont parfois cachées au fond des cales de l’Aguila. Elles sont apportées environ une fois par mois par une caravane venant de Jesalute. La dernière est arrivée il y a cinq jours.

Acte II : Intérêt et principal

Il va bien falloir se rendre compte que si le trafic d’antiquités a pu se mettre en place et prospérer pendant plusieurs mois, c’est que des complicités et des personnes haut-placées étaient dans le coup...

  • En poursuivant la recherche de Fabio Di Scotto, sans doute en faisant appel à leurs relations dans les milieux bureaucrates, les personnages peuvent découvrir que l’agent d’import-export n’a jamais quitté Iskandar. Bien au contraire, il est hébergé chez un de ses amis, Semi El-Zouiri, membre éminent du grand conseil du sultan, et président de la chambre de commerce d’Iskandar, autant dire un bureaucrate influent de la capitale et du système impérial. Proche du sultan, El-Zouiri semble être intouchable et Di Scotto de par le fait parait bien protégé. La question qui se pose, est que si le trafic était aussi bien verrouillé, comment se fait-il qu’il ait été découvert ? Sans doute à cause d’un douanier un peu trop zélé...
  • Après quelques recherches sur le port, les personnages peuvent déterminer qui est le douanier qui a provoqué toute l’affaire. Malheureusement pour eux, Bashir Al-Masaari, l’officier des douanes qui avait découvert les antiquités cachées à bord de l’Aguila, a semble-t’il été saqué. Il a été muté dans un petit port de la côté orientale de l’empire. Il est difficile de savoir exactement d’où est tombée cette décision, mais nul doute que c’est un retour de bâton pour avoir « dérangé » des gens importants...
  • Pour faire tomber Di Scotto alors qu’il est logé et protégé par Semi El-Zouiri, il va falloir ruser et trouver les bons arguments. L’idéal sera de trouver un motif pour que le haut-fonctionnaire ne puisse faire autrement que le « lacher » sinon à se compromettre lui-même aux yeux du sultan. Il faut donc apporter des preuves tangibles (vraies ou fabriquées) qu’il est impliqué dans le trafic ou dans un autre crime puni par la loi croissantine. En fouillant chez lui, il doit être possible par exemple de trouver des antiquités acquises illégalement (rapportées du site de Jesalute). Il est possible d’imaginer d’autres solutions, mais quoiqu’il en soit, une intrusion en force chez El-Zouiri serait extrêmement risquée (de par sa propre garde) et condamnable (c’est un proche du pouvoir).

Acte III : La source

Il s’agit maintenant de démanteler le trafic et le réseau dans son entier, et donc de remonter à la source des antiquités pour arrêter les responsables des fouilles et du chantier archéologique.

  • Par l’intermédiaire de Salam, les Yeux du Paon fournissent aux personnages les moyens d’organiser un voyage vers Jesalute pour y découvrir et faire fermer le chantier de fouille d’où viennent les antiquités exportées illégalement. Libre à eux de réunir une caravane de mercenaires, ou au contraire de partir en petit groupe plus discret. Quoiqu’il en soit, les hommes du Tigre ne les laisseront pas mettre en péril les activités de leur chef : quelques lieues après leur départ d’Iskandar, les personnages sont en effet attaqués par des hommes du désert. Bamshad, leur chef, est un fidèle du Tigre et ses brutes sont entrainées au combat monté.
  • Après avoir déjoué les pièges du trajet et les attaques de leurs ennemis, les personnages arrivent enfin à Jesalute au bout de quelques jours de voyage. Ils ne sont pas eu bout de leur peine puisque le chantier de fouille ne se trouve pas à Jesalute même, et ils doivent donc tout d’abord le localiser. Les moyens sont multiples. Un groupe de vodacci laisse forcément des traces de son passage, et en interrogeant les marchands ou même les autorités locales, il doit être possible de trouver l’endroit où ils se trouvent (ils doivent bien se fournir en nourriture et en matériel...). Une autre option est de s’interésser à l’histoire de la région pour déterminer où sont les sites antiques les plus importants. Celui qui a retenu l’attention d’Umberto Rezzala est à la lisière du village de Baniyas, à quelques lieues au nord-ouest de Jesalute.
  • Baniyas est un petit village ne comptant que quelques centaines d’habitants concentrés autour d’une source d’eau claire. Sur une colline voisine, les ruines d’une petite cité numaine, légèrement fortifiée, est visible d’assez loin. Les fouilles sont plus particulièrement effectuées dans le centre de l’ancienne cité, là où étaient situées les villas des notables. L’équipe a donc installé des tentes à cet endroit, mais des hommes payés par le Tigre et menés par Massoud, un terrible guerrier croissantin, ont investi les anciennes fortifications pour défendre les archéologues de toute intrusion extérieure. Autant dire que ces hommes se battront jusqu’au bout, sinon c’est Massoud qui les tuera de ses propres mains. Durant le combat, Rezzala et sa petite équipe tentent de se faire la belle, et si les personnages ne s’occupent pas de les stopper, ils parviendront à prendre la fuite et à passer la frontière vodacci. Quoiqu’il en soit, ils ne reviendront pas de sitôt dans les parages...

Après la fermeture du chantier archéologique, les fonctionnaires ayant trempé de près ou de loin dans le trafic d’antiquités sont touchés par une purge générale. Au mieux, ils sont mis au placard, au pire certains sont emprisonnés ou condamnés à mort. Les contrôles douaniers seront renforcés et des perquisitions auront lieu dans certaines résidences pour récupérer quelques trésors volés. Les personnages auront sans doute contribué à sauver une partie du patrimoine de l’Empire, mais aussi à réduire celui du Tigre et à tarir l’une de ses sources de revenus...

Personnages

Umberto Rezzala : archéologue vodacci, chef de la compagnie Anteus (voir la famille Rezzala dans l’Encyclopedia Theana)

Dino Gandolfi : capitaine vodacci de l’Aguila (l’Aigle), goélette appartenant à Aldo Locatelli
Fabio Di Scotto : émissaire vodacci des Rezzala à Iskandar
Farouk : contremaitre de Di Scotto

Aldo Locatelli : affréteur de l’Aguila à Gorivari sur l’île Lucani, intermédiaire des Rezzala

Semi El-Zouiri : président de la chambre de commerce d’Iskandar, membre influent du grand conseil du sultan
Bashir Al-Masaari : officier des douanes ayant découvert les antiquités dans la cale de l’Aguila

Bamshad : homme de main du Tigre, disciple d’une école d’escrime croissantine
Massoud : chef des hommes du Tigre à Baniyas, disciple d’une école d’escrime croissantine

El Namir (Le Tigre) : parrain d’Iskandar

Salam : contact des personnages chez les Yeux du Paon