Les Hommes du Paon, partie 1 : La Vengeance du Tigre

, par Grolf

Voir aussi Les Hommes du Paon : Introduction.

Synopsis

Un fonctionnaire des impôts a été assassiné. Il avait la réputation d’être un homme intègre, ayant même déjà dénoncé plusieurs fois des hommes corrompus au sein de l’appareil d’état. Il ne s’était certes pas fait que des amis, mais peut-être pas au point d’être tué. Les personnages vont devoir mener l’enquête pour retrouver son assassin, mais ils vont rapidement être confrontés à une série de meurtres causés par la vengeance de celui qu’il ne fallait pas déranger…

Histoire

Salim Kaouch était un fonctionnaire de l’empire croissantin chargé des impôts sur les importations de marchandises arrivant à Iskandar. Il contrôlait donc un flux colossal d’argent et par conséquent un secteur attisant beaucoup de convoitises et de corruption. Mais Kaouch était un homme intègre ayant toujours refusé et dénoncé toute forme de corruption. L’ironie du sort a voulu que ce soit une affaire n’ayant aucun rapport avec ses activités professionnelles qui provoque sa mort.

En effet, c’est plutôt son fils Ramin qui a toujours été la cause de ses soucis. Salim ayant une bonne place dans la bureaucratie de l’Empire, il touchait un salaire confortable et sa famille était bien à l’abri du besoin. Son fils a toujours vécu dans le luxe et l’oisiveté, mais adolescent, il a fait l’apprentissage des paradis artificiels avec toutes formes de drogues. A dix-huit ans, Ramin fréquentait les fumeries de haschich et d’Afyam, les cercles de jeux clandestins et les maisons closes où se retrouvent les bourgeois croissantins et les fonctionnaires en mal de sensations fortes.

Pour son malheur et celui de sa famille, Ramin a un soir assisté à un spectacle qu’il n’aurait jamais dû voir. Alors qu’il venait de consommer une petite dose de haschich à la Maison d’Anushah (une maison close) où il avait ses habitudes, et qu’il errait dans ses couloirs, il finit par arriver dans une salle où quelques personnes jouaient aux dés. Comme à leur accoutumée, certains joueurs avaient une fille sur les genoux. Parmi eux, Muhammad ibn Zarabadi, un conseiller militaire proche du sultan et bien connu des habitants d’Iskandar (on le voyait assister à tous les défilés militaires). Avec lui ce soir-là, la jeune Zinah. Au moment où Ramin pénétrait dans la pièce, Zinah eut un geste maladroit et renversa du thé à la menthe bouillant sur les jambes de Zarabadi. Celui-ci eût alors un réflexe brutal et projeta la jeune femme contre un mur. Le corps démembré de la jeune femme devait rester inerte à jamais. Comprenant qu’il avait été le témoin d’un meurtre, Ramin s’enfuit à toutes jambes, mais il avait été repéré et reconnu. Quelques jours plus tard, Ramin devait mourir d’une overdose d’Afyam et son corps devait être retrouvé dans les eaux du fleuve R’Halya.

En dehors de Ramin Kaouch, quatre autres joueurs et deux autres filles ont été témoins de la mort de Zinah. Grâce à son influence, Zarabadi veut effacer toute trace de son acte qui pourrait lui être préjudiciable s’il venait à être découvert. Zarabadi a déjà fait éliminer Ramin de manière expéditive. Pensant qu’il aurait pu parler à son père de ce qu’il avait vu et connaissant sa réputation d’homme intègre, il a également fait assassiner Salim Kaouch. Les deux filles ont eu la langue coupée et ont été envoyées sur le champ au marché d’esclaves de Erivan pour y être revendues à des étrangers.

Anushah, la tenancière de la maison close où se sont déroulés les faits a été grassement payée et menacée. Elle sait que si elle parle, il risque de lui arriver de sérieux ennuis. De même, les quatre joueurs présents ont été payés, et on leur a bien fait comprendre ce qu’ils risquaient si leur langue ne restait pas à sa place…

Là où Muhammad ibn Zarabadi a commis l’erreur qui va lui coûter la vie dans les prochains jours, c’est que la Maison d’Anushah appartient en réalité à El Namir (Le Tigre), le « parrain » d’Iskandar. Celui-ci va tout faire pour retrouver l’homme qui a tué l’une de ses « filles », en a écarté deux autres, et menacé sa protégée, Anushah. El Namir va lancer ses chiens à ses trousses et le faire payer pour ses crimes, peu importe qui il est…

Scénario

Salam, le contact des personnages chez les Yeux du Paon, leur donne rendez-vous dans un salon de thé du bazar d’Iskandar. La mission qu’il leur confie cette fois est assez simple : Salim Kaouch, un haut fonctionnaire, a été assassiné, et il s’agit de découvrir pourquoi et surtout par qui.

Acte I : La maison des plaisirs

  • Salim Kaouch a été tué alors qu’il rentrait chez lui à la nuit tombée. Il n’y a que peu de témoins, qui ne pourront donner qu’une description très vague de l’assassin solitaire, qui était de toute façon masqué.
  • Misra Kaouch, son (unique) épouse, est complètement effondrée : son fils est également mort quelques jours plus tôt. D’après le médecin de la famille, le jeune Ramin aurait trouvé la mort en consommant de l’Afyam avarié. Misra sait qu’il avait l’habitude d’aller fumer à la Maison d’Anushah, un lieu de débauche d’après elle.
  • A la Maison d’Anushah, le silence règne et personne ne semble au courant de ce qu’il s’est passé (ou ne veut pas parler). Anushah elle-même nie qu’il y ait eu un quelconque problème ces derniers temps. Il faudra vraiment insister et creuser pour obtenir des renseignements. Anushah ne cèdera que devant la menace, de faire fermer son établissement par exemple. De même, en interrogeant une servante, il faudra lui faire peur pour qu’elle parle. Les personnages peuvent ainsi glaner quelques informations : oui, il y a eu un « incident », et une fille y a trouvé la mort, mais les gens ne souhaitent pas en parler. Elle n’avait de toute façon pas de famille. Devant les réticences de leurs interlocuteurs, ils peuvent rapidement se douter que quelqu’un d’important est impliqué dans cet incident (c’est à dire Zarabadi, le conseiller militaire du sultan)...

Acte II : Parcours mortel

Bien évidemment, El Namir ne peut en rester là, et pour lui, le meurtrier est tout aussi coupable que les témoins muets : tous doivent être châtiés. Aussi envoie-t’il Wahid, son bras armé, pour régler ses comptes.

  • Kamel Al-Dalharni, marchand d’épices, est retrouvé mort dans son échoppe. Il a été torturé (sans doute pendant plusieurs heures), son torse et ses bras sont tailladés, sa langue a été coupée, ses yeux crevés, et il a fini par être égorgé. Une petite enquête permettra de déterminer assez facilement qu’il avait ses habitudes à la Maison d’Anushah. C’était un homme sans histoire, qui s’est juste trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Salam, leur contact chez les Yeux du Paon, pourra fournir des renseignements aux personnages s’ils le lui demandent, puisque la « police secrète » du sultan est supposée être au courant de beaucoup de choses...
  • Farid Benzine, chef d’une petite garnison de la banlieue d’Iskandar, a subi le même sort qu’Al-Dalharni. Torture, langue coupée, yeux crevés, et gorge ouverte. Lui aussi avait ses habitudes chez Anushah. Bien sûr, en tant que chef de garnison, il n’avait pas que des amis parmi ses hommes ou les gens de son quartier, mais la similitude des tortures et du meurtre accréditent la thèse d’un assassin identique avec le mort précédent.
  • Khaled Gurcan aura presque plus de chances, mais pour très peu de temps. Ce propriétaire terrien sera lui aussi torturé, ses yeux crevés, sa langue coupée, et sera laissé pour mort. Toujours est-il qu’il survit assez longtemps pour tracer tant bien que mal un nom sur le sol avec son sang : Hicham Mehani. Ses serviteurs le trouvent et appellent les autorités. Comme les autres, il se rendait de temps en temps à la Maison d’Anushah...

Acte III : La main du Tigre

Avec l’aide de Salam, il est facile de savoir qui est Hicham Mehani et de le retrouver.

  • Mehani, banquier de son état, refuse d’abord de recevoir qui que ce soit. En faisant pression sur les domestiques ou en forçant le passage, les personnages découvrent un Hicham Mehani terrorisé. Il est au courant des précédents assassinats, et il sait qu’il est le dernier témoin encore en vie à Iskandar. Il refusera bien sûr de raconter ce qu’il sait, mais face au sort inéluctable qui l’attend, il craque et raconte tout : l’incident à la Maison d’Anushah, la mort de Zinah, et surtout, le nom de son meurtrier : Muhammad ibn Zarabadi, conseiller militaire du sultan.
  • Avec tous ces renseignements devant elle, Anushah ne pourra que reconnaître les faits. Elle-même ne semble pas craindre grand-chose et recommande aux personnages de ne pas pousser plus avant cette enquête. Ils risquent de se mettre à dos beaucoup de monde, et surtout des gens qui pourraient vouloir se débarasser de personnes un peu trop curieuses...
  • Soit en sortant de chez Anushah s’ils retournent effectivement l’interroger, ou un soir dans un endroit peu fréquenté, les personnages se retrouvent nez-à-nez avec des hommes armés. Ils sont conduits par Walid, l’homme de main du Tigre, qui a lui-même supervisé les tortures des témoins, et qui veut désormais faire taire définitivement les personnages. Avant de passer à l’attaque, Walid leur dira qu’El-Namir n’apprécie pas que l’on s’aventure sur son terrain et que l’on s’intéresse de trop près à ses affaires personnelles... Aucun témoin ne doit subsister et ces fanatiques combattront jusqu’à la mort.

Après avoir livré le résultat de leur enquête à Salam, celui-ci expliquera d’un air plein de sous-entendus, qu’il transmettra et que les autorités décideront de ce qu’il y a à faire. Leur mission en tout cas, s’arrête là. Ils apprendront quelques jours plus tard que le sultan a limogé son conseiller militaire Zarabadi, et qu’il a été envoyé commander une garnison au fin fond d’une province désertique de l’Empire. Il sera sans doute assassiné un jour ou l’autre par les sbires du Tigre. S’ils se renseignent un peu sur El-Namir (Le Tigre), ils découvriront que c’est un parrain très puissant, quasiment intouchable, et que son influence s’étend bien au-delà d’Iskandar... Accessoirement, il est le propriétaire de la Maison d’Anushah...

Personnages

Salim Kaouch : le fonctionnaire assassiné
Ramin Kaouch : son fils mort d’overdose
Misra Kaouch : la femme du fonctionnaire

Muhammad ibn Zarabadi : conseiller militaire du sultan
Jamel : homme de main et exécuteur des basses œuvres de Zarabadi. Il est l’assassin de Salim et de Ramin Kaouch.

Zinah : la fille tuée par Zarabadi
Alyah et Miryam : les deux filles écartées et envoyées à Erivan
Anushah : la tenancière de la Maison d’Anushah

Kamel Al-Dalharni : marchand d’épices, témoin du meurtre
Farid Benzine : chef d’une garnison d’Iskandar, témoin du meurtre
Khaled Gurcan : propriétaire terrien, producteur agricole, témoin du meurtre
Hicham Mehani : banquier, témoin du meurtre

Wahid : homme de confiance et bras armé d’El Namir, chargé de l’enquête (vilain accompagné de plusieurs bandes de brutes)
El Namir (Le Tigre) : parrain d’Iskandar

Salam : contact des personnages chez les Yeux du Paon